Les autres complaintes de Goupil


Goupil prend son festin en main


"Chère amie de longue date, tu fais
Une cuisine si rafinée, qu'elle fait,
Plus que toutes, frémir mes désirs.
Oh! île flottante tu es mon élixir!
Sais-tu que parfois ton image et ton parfum
Ou l'odeur excellente d'un civet de lapin,
Jusque dans mes rêves me suivent et m'enchantent?
Et toi! pain campagnard à la croûte si craquante,
Parfois j'imagine te prendre sur un coin de la table
Te rompre et t'engloutir avec force sirop d'érable.
C'est sans retenue que ce jour je décharge
Ma secrète boulimie, qui remplit cette page.
Mais la bienscéance me retient!
Chère amie, tu connais à présent ma faim!
Cette lettre t'aidera sans doute,
A saisir le culte que je voue à la choucroute,
A comprendre aussi certains de mes regards
Vers ces vitrines pâtissières au chocolat noir,
Et peut etre un jour certains de mes actes.
Parfois, à table, je peux manquer de tact."

L'appetit, une fois sur deux
Bande à la raison, les yeux.