Les autres complaintes de Goupil


Goupil et le Bouc


Idole de ses chèvres, au centre du troupeau, un bouc trônait.
S'abrevant dans le ru, sa posture, par derrière l'hystérie provoquait,
Les cornues mirotaient, toutes émues, leur beau mâle,
Chacune phantasmant, de concevoir, avec lui, un petit animal.
Fleur bleue sensible, Goupil, face à cette scène pittoresque,
Y allat de sa larme, envieux des atours du puant barbu.
Nul renard n'a jamais tant de bestiaux désirs soutenus,
Et quel artiste pourrait, de renardes illustrer telle fresque.
Quel, songea Goupil, le secret de cette race
Qui donne a masculin, du féminin la grâce?
Enhardi par l'envie de percer le mystère,
Interpellant le bouc un instant esseulé:
-Quel élixir sacré, auprès des chèvres, au rang de célébrité,
A hisser de tout temps, toi et les pères de tes pères?
Hilare, le puant répondit sur le champ de la sorte:
-Tout rusé que tu es, tu sembles ignoré la bête loi du marché
Vous, Renards, avez la parité un jour à vos renardes accordé.
Donnant un à chacune, vous décimâtes vous-même vos cohortes;
Lorsque l'offre est acquise, la demande s'épuise.
Et Goupil dépité de se dire: C'est la crise...

La leçon du Bouc semble juste et correcte,
Le marchés des amours analogue à celuis des baskets!?
Goupil mûrit la chose et conclu d'accorder, en matière de cul,
Nul crédit à ce gros con qui pue, et de surcroît cornu.