Les autres complaintes de Goupil


Goupil, ce suisse hideux...


Par une chaude nuit d'été, Goupil, nu, compose.
Stophes et vers au pied levé, et puis l'apothéose,
Le renard naïf vient d'accoucher de rimes,
Tel un matelos, qui sur une île inconnue, arime.
Larme à l'oeil et patte tremblante,
Goupil poête de fortune, sans fortune
Cherche en lui la muse qui le hante
Et lui dicte les mots sous le clair de cette lune.
Pourquoi mes yeux s'ouvrent-ils depuis peu?
Pourquoi ma main s'agite et couche mes voeux?
Quelle force étrange abrite mon cerveau,
Qui répond à l'angoisse par l'écrit et le beau,
Qui répond à la joie par la mort du corbeau.
Goupil cogite mais rien ne vient: Bouteille!
Ce mot résonne en lui et chasse le sommeil.
Il hait ce mot qui le traque et l'obsède,
Depuis petiot il l'entend martelé ses nuits,
S'en est trop se dit-il: "je craque et cède."
Il s'en va en finir, sans force ni envie.
Corde tendue et gueule ouverte, Goupil rejoint
Son pote corbeaux, qui l'attend, sourire en coin.
"Alors renard, tu n'as pas digéré mon fromage?
Allez va je ne te hais point, et t'offre le breuvage."

BOUTEILLE