Les autres complaintes de Goupil


Goupil D'


Deux cent mille, Treize virgule sept, trois quatorze,
Dans sa vie çà discute, çà ruse et çà renarde.
Goupil perçoit une odeur, et ce n'est pas la rose,
Il ne sait que faire, cogite et se paucharde.
A peser le gibier, l'échanger contre du blé,
Il devient inutile et s'écarte d'un pas leste
Du sentier du bonheur et de sa sérénité,
Calculant, pour plaire, chaque réplique, chaque geste.
Son humeur varie au gré de son silo
Qui lui-même est empli, vidé ou ignoré
Par une troupe de hyène et par quelques salauds.
Rien n'y fait, il le faut, il va raccrocher!
Mais que faire alors de la companie joyeuse
Qui chaque jour l'acceuille comme un héros
Et qui croit une à une ses projections heureuses.
Mentir, non! Dire, non! Se taire et faire le gros dos.
Il a mal le Goupil et voudrait l'afficher
Alors il se noye dans une épaisse fumée
Pour susciter la question titiller le curieux
Et reçoit comme un con des reproches vitreux
De jaloux étriqués, d'ignorants maladroits,
De proches desharçonnés et même de son bras droit.
Son coup de patte ne pourra le sauver,
Cette fois, c'est lui seul, de tous abandonné,
Qui présidera le bal des déprimés
Et qui pourra choisir la fin de la soirée.

La tristesse n'existe pas
La solitude est un crabe
Le travail n'existe pas
La volonté est un sabre