Les autres complaintes de Goupil


Goupil ou l'hormone rend aveugle


Goupil, poil grisonnant et jarret molissant,
S'inquiétait de voir, avec lui, sa lignée finissant.
Chaque saison, chaque jour, se mirait dans l'étang,
Un Goupil à l'affût des ravages du temps,
Assombri, éreinté, un matin s'atrista,
De l'emballement du rythme des dégâts.
Aux lubriques ébats et flirts aléatoires,
Suivirent des coïts, réguliers, méthodiques, obligatoires.
La première renarde aux hormones crochues,
Accueillit ses assauts et devint vite ventrue.
Goupil exhaussé, radieux patriarche poivre et sel
En paix avec le temps, connut cependant une guerre nouvelle.
Querelle différente, larvée, latente, contre sa bien-aimée,
Tempestant l'un sur l'autre, sans relâche, une année!
Ils finirent l'un sans l'autre pour ne partager plus
Que leurs remords, leurs chiots et leurs rêves déçus.

Il ne faut pas niquer
Pour ne pas paniquer.